Le dimanche 29 janvier 2017

Antoinette Spaak a inauguré nos Grandes Conférences

Parce que ce sont de grands témoins et que leur témoignage enrichit notre vision du passé,

le Club de l’Histoire vous invite à rencontrer des personnalités d’exception qui viendront raconter leur histoire dans l’Histoire. Elles se confieront aussi sur leurs joies, leurs ambitions, leurs regrets et leurs émotions. Animées par Patrick Weber, ces conférences vous offriront l’occasion, à vous aussi, de poser vos questions.

Pour inaugurer cette nouvelle activité, nous avons été particulièrement fiers de recevoir une grande dame de la politique belge, Antoinette Spaak. Elle rencontre Churchill, de Gaulle, Mitterrand, Paul Janson mais n’entre en politique qu’après la mort de son père dont elle garde un souvenir lumineux. Elle n’a jamais eu le sentiment d’écrire l’épopée féministe. Et pourtant... Présidente du Conseil de la Communauté française, présidente du FDF, ministre d’Etat, députée européenne, Antoinette Spaak incarne, avec Etienne Davignon, le projet européen centré sur les valeurs, la générosité et le bonheur pour les peuples.
En 1941, alors que l’Allemagne a gagné la guerre, Paul-Henri Spaak est convaincu qu’elle sera battue mais qu’elle devra, un jour, avoir sa place dans l’union européenne. La grande idée de sa carrière politique. Né en 1899, Paul-Henri grandit dans un milieu aisé, agnostique où la politique occupe une place centrale. Il entre tout naturellement au Parti Ouvrier et le suivra dans sa mutation en Parti Socialiste. Ce n’est qu’au soir de sa vie, qu’il rejoindra un autre parti. Le FDF nouvellement créé. Leader de premier plan sur la scène politique belge, il en sera l’exceptionnel représentant au niveau international, surtout pendant et après la guerre.
Ministre dans les gouvernements de 1936 à 1964, il négociera et signera le Traité de Rome, fondateur du Marché Commun européen, et fera adopter par le Parlement belge les traités du Benelux, de l’OTAN, du Conseil de l’Europe, de la CECA, de la CED, de la CEE et de l’EURATOM. Après la guerre, la Belgique devient la première petite puissance à siéger au conseil de sécurité des Nations Unies et il en préside l’Assemblée générale. En 1948, dans un contexte de guerre froide, il prononce son fameuxDiscours de la peur dans lequel il attaque violemment la politique étrangère de l’Union Soviétique. Un grand homme dont l’engagement inlassable dans la construction européenne lui vaudra d’être considéré comme l’un des «Pères de l’Europe». Ce qui ne l’empêcha pas d’être un papa très amusant qui riait beaucoup en famille et comme il était souvent absent, il n’était jamais sévère...