Le mardi 7 mars 2017

Mons, entre trésors et traditions

Tournée vers l’avenir, capitale culturelle européenne en 2015, Mons ne renie pas son passé ! La cité a farouchement préservé ses édifices classés au patrimoine de l’Unesco, la collégiale sainte-Waudru ou l’hôtel de ville gothique, ainsi que ses trésors, tel le Musée François Duesberg, un des plus beaux musées d’arts décoratifs du monde.

Notre visite a débuté à la Grand-Place. Un écrin de choix pour l’hôtel de ville, serti des façades qui illustrent les tendances architecturales de ces derniers siècles, mêlant le gothique au moderne. Le Grand Théâtre à la façade néo-classique, l’hôtel de la Couronne, l’hôtel de la famille Malapert, dit «au blan Levrie», une petite statue de singe, l’œuvre de Gérard Garouste et la fontaine inaugurée en 2006 jouxtent avec bonheur l’édifice public bâti de 1458 à 1472. Hélas, la mort de Charles le Téméraire annonce le début de troubles et de difficultés financières. Les travaux sont interrompus. Ce n’est qu’au début du XVIIIème siècle que le campanile coiffera, de sa masse disproportionnée, l’ensemble médiéval «gothique finissant» et abritera la bancloque, la cloche banale de 1390.
Passé le porche de sa façade, nous avons traversé la cour intérieure et découvert un havre de paix, un jardin public aménagé sur le territoire jadis agreste de l’hôtel de ville. Quittant le Jardin du Mayeur pour celui des Comtes du Hainaut, nous avons admiré l’architecture remarquable du beffroi qui trône fièrement du haut de ses 87 mètres et cela, depuis 1672. Il rythme encore le quotidien des Montois grâce à son carillon de 49 cloches.
L’histoire attribue à Waudru, une aristocrate mérovingienne, l’origine de la ville de Mons et de sa magnifique collégiale. Retirée du monde, elle vit dans un ermitage. Les années passent, le petit oratoire du VIIème siècle devient monastère puis chapitre noble, qui décide de construire un édifice de style gothique brabançon. Les travaux commencent en 1450 et s’arrêtent 150 ans plus tard. Les plans de son clocher de 190 mètres s’en retournent dans les cartons. Les Montois l’attendent désespérément au point d’en avoir fait un dicton. L’ensemble n’en est pas moins exceptionnel : vitraux, stalles du chœur, chaire de vérité, buffet des grandes orgues et chasse néogothique de sainte Waudru, en laiton doré orné de pierres précieuses, d’émaux et de cabochons ont forcé notre admiration. Sans oublier le trésor de la collégiale qui expose d’anciens reliquaires et divers objets liturgiques du XVIIème au XIXème siècle.
Après avoir ravi nos papilles, nous avons rejoint le Musée Duesberg, dans une des plus belles demeures du centre ville. Passionné, intarissable, le Baron François Duesberg nous a dévoilé le résultat d’une vie de recherches au service de la beauté. Une prestigieuse collection de pendules, unique au monde, de majestueux bronzes dorés, de superbes porcelaines, orfèvreries, bijoux et autres objets de haute curiosité en font un ensemble inestimable de 4000 pièces, d’une rareté sans pareille. Après avoir arpenté les salles, nul n’est insensible à l’avenir de ces œuvres, témoins d’une aventure historique et humaine.