Spa, pétillante et royale

Au seuil des Hautes Fagnes, il est une petite cité thermale entourée de collines. Au charme désuet, la perle des Ardennes réserve ses faveurs aux amoureux de la nature et à ceux qui, comme les membres du Club de l’Histoire, aiment lever le voile sur son passé, riche, passionnant et animé.

Comment cette ville nichée au cœur de l’Ardenne bleue est-elle devenue le rendez-vous incontournable de la noblesse et de la bourgeoisie européenne ? Notre promenade dans le centre a répondu d’emblée à cette question avec le Pouhon Pierre le Grand, cœur du centre historique. Un pouhon est une source minérale ferrugineuse naturellement gazeuse. La plus célèbre, parmi la vingtaine que compte la cité thermale, est bien entendu celle qui porte le nom du tsar, suite à son séjour en 1714. Marquant ainsi l’apogée de Spa, connue pour ses eaux curatives depuis la période romaine.
Sur le modèle des salons parisiens des Lumières, artistes, intellectuels, aristocrates, hommes d’Eglise de toute l’Europe s’y rencontrent dans une ambiance décontractée, loin de l’étiquette stricte de certaines cours de l’époque. La richesse de la diversité européenne, tant culturelle et linguistique que religieuse, y est magnifiée. Joseph II, ne s’y trompe pas. En 1781, de passage lors de sa visite à sa sœur, la reine Marie-Antoinette, il surnomme la petite ville Le Café de l’Europe.
Elle conserve des témoins architecturaux précieux du XVIIIème siècle au XXème siècle : le Grand Hôtel, le pavillon des Petits Jeux, la galerie Léopold II du parc des Sept-Heures, l’église Notre-Dame et Saint Remacle, les Villas Charlier ou Henrijean Art nouveau, tous offrent une variété de styles typiques des villes d’eaux les plus célèbres. En point d’orgue, nous avons pénétré dans la Villa royale Marie-Henriette, où la deuxième reine des Belges coule des jours sereins jusqu’à sa mort en 1902, et devenu aujourd’hui le Musée de la ville d’eaux.
Au cours de notre lunch, dans un lieu enchanteur au bord de l’eau, Patrick Weber ne s’est pas fait prier pour nourrir notre curiosité avec une conférence sur Léopold II et les femmes.




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