Voir Naples et... y revenir

En écrivant ces mots, Lambossy de Fuyens ne se trompait pas. Conquis par Napul’è mille culure, Naples aux mille couleurs, le Club de l’Histoire ne pouvait qu’y retourner pour de nouvelles découvertes ! Patrick Weber et notre guide napolitaine, Antonella Rizzo, nous ont à nouveau emmenés dans un nouveau voyage sur les traces de Lila et Elena, les héroïnes d’Elena Ferrante.

D’emblée, notre séjour s’est inscrit dans la magie du site magnifique de la baie de Naples. Un tour sur la colline de Posilippo, ancien lieu de villégiature des riches Romains, nous a offert un panorama exceptionnel sur le golfe, les îlots de la Gaiola et de superbes résidences. Le Vésuve et Capri semblaient à portée de main. Autre colline, autre quartier de Naples. Nous avons découvert le Vomero, où s’élève le Castel Sant’Elmo et qui se distingue par son animation chic et dynamique. Nous nous sommes rendus à la Villa Floridiana, cadeau somptueux du roi des Deux-Siciles, Ferdinand Ier de Bourbon, à son épouse morganatique, la duchesse de Floridia. Doté d’un des rares espaces verts de Naples offrant un belvédère, agrémenté de fontaines, le joli petit palais blanc néoclassique abrite le Museo Duca di Martina, un musée d’arts décoratifs aux multiples ivoires, porcelaines et faïences. La Chartreuse San Martino nous a ouvert ses portes et sa vue sur le Vésuve. Les plus grands artistes de Naples l’ont orné de stucs, fresques, toiles, sculptures et marqueteries de marbres polychromes.
Témoin du développement urbanistique en dehors du centre historique, le quartier de la Sanita nous a montré l’un des plus fameux dégradés de Naples où les magnifiques « palazzo » côtoient la pauvreté et le chômage, sous le joug de la Camorra. Enfant pauvre et mal famé, il bat tel le cœur de la ville, typique, vivant, bruyant et populeux. Un cadre qu’Elena Ferrante n’aurait pas désavoué... malgré la présence des palais dello Spagnolo et San Felice, impressionnants et superbes. Naples s’entend à mêler les contraires.
Qui n’a pas essayé d’imaginer la vie quotidienne au temps de l’empire romain ? Dégagée de sa gangue de sédiments volcaniques, Pompéi offre un témoignage inestimable de l’urbanisme et de la civilisation en 79, quand l’éruption du Vésuve l’a figée à jamais. Des demeures modestes, boutiques, restaurants et ateliers d’artisans se mêlent aux « domus » vastes et luxueuses telles que la Maison des Vettii dont les peintures permettent d’apprécier la magnificence des villas de la bourgeoisie. La Villa Oplontis, fastueuse, à l’image de sa propriétaire, Poppée, la seconde épouse de l’empereur Néron présente une centaine de pièces et des fresques éclatantes, à dominante pourpre et ocre. Figurant parmi les plus belles au monde, elles habillent presque tous les murs. Sols en mosaïque, sculptures et colonnes incrustées de pierres précieuses ainsi que les jardins et leurs fontaines à vin complètent à l’envi le déjuge de raffinement.
A l’ouest de Naples, le golfe de Pozzuoli fascine par la diversité de ses paysages. L’alternance de grands cratères, de petits lacs et de nombreux sites archéologiques en font une terre de légendes et d’histoire. Les Grecs y fondent leur première colonie, Cuma. Les Romains en font l’une des provinces les plus riches de leur empire. La région est une zone archéologique importante, aux vestiges nombreux et variés, dont l’acropole, les thermes et, le plus illustre, l’antre de la Sybille, prêtresse capable de prédire l’avenir. La seule des 12 sibylles dont on connaisse le tombeau ! La piscina Mirabilis témoigne de l’ingénierie romaine au service de l’utilité publique. Cette citerne d’eau douce est un des plus grands réservoirs romain d’eau potable, approvisionné par un aqueduc amenant l’eau d’une source située à 100 kilomètres. Prélevée par une machinerie hydraulique, l’eau approvisionne les nombreuses villas situés à Bacoli. Chemin faisant, nous sommes passés par Pozzuoli, ville antique importante aux vestiges remarquables et nous avons foulé le sol de cendres et de soufre du Solfarata, appelé jadis l’Agora d’Héphaïstos. Les signes ne trompent pas. Fumerolles et jets de vapeur sulfureuse prouvent l’activité de ce cratère volcanique. Même si l’Entrée des Enfers s’éteint peu à peu.
Nous avons pris le large pour rencontrer la sœur jumelle de Capri, la belle Ischia aux paysages grandioses et aux magnifiques pinèdes. Erigé sur un rocher, le château, réaménagé par Alphonse V d’Aragon en 1441, semble surgir de la mer. La plupart des événements, des batailles, de la vie courtoise d’Ischia ont eu lieu en ces murs. Y monter permet de découvrir un autre monde. L’aspect sévère cède la place aux potagers ensoleillés et aux ruelles débouchant sur des vues stupéfiantes.

Voyage organisé en collaboration avec Travel Dedicated sprl, Lic. A.5748