Du jeudi 5 au mardi 10 mars 2020

Estramadura, terre d'histoire, secrète et sauvage

Parce que le 500ème annniversaire du couronnement de Charles Quint est une date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire, plus particulièrement celle de nos régions.

Charles Quint naquit au Prinsenhof à Gand le 24 février 1500. C’est en son palais du Coudenberg à Bruxelles qu’il fut couronné en 1520 et c’est là qu’il abdiqua en faveur de son fils Philippe en 1555. Quoi de plus normal pour le Club de l’Histoire que de vouloir sonder l’âme de la région où se retira ensuite jusqu’à son décès en 1558, celui dont on dit « que le soleil ne se couchait jamais sur son empire ». Nous aimons vous emmener loin des sentiers battus et l’Estramadure nous offre, outre la richesse de son patrimoine historique, d’immenses espaces et une nature sauvage à couper le souffle.

L’Estramadura est une région étendue où les perles historiques que nous découvrirons se trouvent disséminées dans une nature sauvage et époustouflante. C’est une des raisons pour lesquelles elle est encore une des régions les moins visitées d’Espagne. L’admirer demande des trajets quotidiens. Pour les faire dans les meilleures conditions, nous avons donc fait le voyage en bus du début à la fin de notre parcours. L’aéroport le plus proche étant celui de Madrid, nous avons saisi cette opportunité pour faire un tour dans deux musées incontournables avant de faire une autre halte à Tolède et d’arriver en Estramadure.

Madrid
À Madrid, nous avons visité deux musées incontournables : Le Prado, renommé pour la richesse de sa collection de toiles de grands maîtres et le monastère des Déchaussées Royales (Descalzas Reales). Ce couvent fut fondé par Jeanne d'Autriche, fille de Charles Quint et Isabelle de Portugal. C’est dans l'ancien palais de ces derniers que les franciscaines déchaussées ont pris leurs quartiers.

Tolède
Tolède, la «Ville Impériale» fut le siège de la cour de Charles Quint et est connue pour être la «Cité des trois cultures» parce que des influences chrétienne, juive et musulmane enrichissent son histoire. Nous avons retrouvé les témoins de cette multiculturalité dans les édifices de la ville : la Cathédrale Sainte Marie, l’église SanTomé et la Synagogue Santa Maria la Blanca.

Caceres
A l’époque de la Renaissance, la ville comptait de nombreuses familles prospères qui ont construit de magnifiques palais dans l’enceinte des anciennes fortifications datant de l’époque musulmane. Par la suite, l’Estramadura devint une région oubliée. La vieille ville de Caceres resta comme figée jusqu’à ce qu’elle fut classée au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Le vieux Caceres est resté un labyrinthe de petites rues avec des places bordées de superbes maisons de style Renaissance. Nous avons visité les plus beaux et impressionnants monuments de Caceres, la co-cathédrale Sainte Marie, le musée d’histoire locale Aljibe Andalusi, le Palacio de Carvajal et le Palacio de los Golfines de Abajo.

Plasencia
La vieille ville de Plasencia est devenue ville moderne avec ses rues étroites bordées de boutiques et de restaurants. Nous y avons découvert une cathédrale à nulle autre pareille, fruit d’un projet de reconstruction non achevé à la Renaissance. Elle est la juxtaposition de deux demi-cathédrales séparées mais sous le même toit.

Guadalupe
Le monastère de Guadalupe est associé avec le Nouveau Monde où «Notre Dame de Guadalupe» est révérée dans la basilique mexicaine de Guadalupe. C’est en ce lieu de l’Estramadure que Christophe Colomb fit un pèlerinage après sa découverte de l’Amérique en 1492 et ce fut dans ce lieu qu’il vint remercier la vierge.

Trujillo
Dans cette petite ville, dressée sur une bosse rocheuse sur la plaine, est né Francisco Pizzaro, l'aventurier impitoyable qui a conquis le Pérou et d'autres parties d'Amérique du Sud pour le roi d'Espagne. Pizarro est devenu fabuleusement riche, et son hôtel familial sur la place principale de Trujillo en est le témoin. Avec ses arcades et ses belles maisons, la place principale elle-même est une des plus belles d'Espagne.

Yuste
Le havre de paix où se retira Charles Quint dans une maison aménagée pour lui à côté du Monastère. Il y mourut atteint de malaria en septembre 1558. Ses cendres furent transférées à la nécropole royale de l'Escurial à 40 km de Madrid.