Nous vivons une période difficile... mais nous sommes toujours ensemble.

Nous avons tissé des liens profonds entre nous et vos nombreux messages nous le prouvent. Nous avons à coeur de rester en contact et nous vous proposons un petit rendez-vous en attendant de pouvoir reprendre le cours normal de nos activités. Patrick Weber vous raconte des petites histoires royales que nous allons partager. Pour nous changer les idées bien sûr mais aussi pour continuer à explorer l'histoire qui nous passionne... et préparer tous les beaux rendez-vous qui nous attendent.

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» Rosette et Patrick

« Les scandaleuses » du régent Charles de Belgique

Comme beaucoup de Cobourg, Charles aimait les femmes au point d’être présenté par les journalistes comme un véritable Casanova princier. Ne relatait-on pas sa romance avec une certaine Jacqueline, la fille des pâtissiers de la cour qui lui aurait donné un enfant, une petite fille prénommée Isabelle, née à la fin de 1938 ? Le prince dut d’ailleurs subir le mauvais caractère de la jeune femme qu’il n’avait pas pu épouser sous peine de perdre ses droits à la couronne.

Survint ensuite la guerre, l’occupation et la fuite de Charles à Sarz les Spa, ce qui lui permit de devenir Régent au lendemain du conflit.

Mais Charles ne se préoccupait guère de convenance. Il poursuivait sa vie sentimentale au mépris de toutes les conventions royales. Parmi les heureuses élues, certaines se turent, d’autres parlèrent. Certaines témoignèrent, d’autres affabulèrent… On ne compterait plus ses enfants illégitimes ou ses maîtresses mariées ou non. Dans un livre, Jacqueline de Peyrebrune a raconté ses années dans la résistance et sa première rencontre avec Charles. C’est sa version des faits. Après la guerre elle le retrouva et elle vécut avec lui une longue histoire d’amour. Presque vingt ans séparaient Charles de sa maîtresse qui vécut étroitement les années de la régence. Jacqueline était mariée et Charles n’entendait pas renoncer à ce qu’il appelait sa vie de Bohême. Il y avait bel et bien du Léopold II dans cet homme amateur de femmes, ambitieux et volontiers misanthrope. La seule différence était que lui n’avait pas accepté l’hypocrisie d’un mariage de façade pour vivre ses romances dans les coulisses de la couronne.

« Dans notre appartement, Charles fit couler un bain. En un tournemain, il me dévêtit, me souleva dans ses bras comme une plume – il avait une force incroyable, mes cinquante-deux kilos n’étaient rien pour lui. Doucement, il me déposa dans le lit de mousse et pouffa de rire. Puis il se précipita à son tour dans la baignoire. Fous rires et éclaboussures s’entremêlèrent alors en un joyeux concert, délicieux et parfumé ! »
Comme on le voit, Jacqueline n’était pas avare en confidences sur sa relation avec Charles. Elle raconta également la séparation voulue par le prince au lendemain de la régence et puis les retrouvailles. Elle évoqua une grossesse malheureuse et un serment échangé à la cathédrale Saint-Paul à Londres. Elle livra les confidences du prince, sa souffrance par rapport à la faveur dont jouissait son frère aîné, son éloignement de sa mère et sa tendresse pour sa tante, la duchesse de Vendôme qui mourut au lendemain de la guerre. Charles aimait parler de « bonheur sporadique », une notion qu’il préférait au pesant fil à la patte que représentait le mariage traditionnel. Grand amateur de petits noms doux, il enchaînait les « Minouche », « Ma Chérie », « Ma chatte », « Ma douce », « Mon cœur », « Ma fidèle », « Ma fée » etc. Charles aimait les femmes mais il vouait une véritable vénération à l’image de la femme dont il était amoureux de toutes les merveilles. La sensualité des cheveux, la douceur des courbes, la chaleur de la peau… Jamais il ne lassait de répéter les mots qui savaient toucher le cœur des femmes qui traversaient sa vie.

Dans ses mémoires, Louise-Ghyslaine Bricmont-Barre évoque les faiblesses du prince :
« Le prince Charles n’avait pas changé : il ne savait toujours pas garder un secret dès qu’il partageait son oreiller. Et son Altesse Royale le partageait souvent ! S’il n’adorait pas les chevaux, en revanche il aimait conduire à double attelage. Il menait toujours ses affaires sexuelles à double, sinon à triple partenaires. Ca l’excitait. »

D’après elle, il allait jusqu’à affirmer :
« Jamais les femmes ne s’entendent longtemps entre elles. Elle se chicanent et se disputent, s’envient et se surpassent pour éblouir et dominer… J’aime ! »

L’abdication de Léopold III et l’inauguration du nouveau roi Baudouin reléguèrent Charles au deuxième rang. La branche aînée de la famille avait repris ses droits et Charles était à son tour contraint à l’exil dans son propre royaume, dans sa maison de Raversijde.

Il avait désormais toute la vie devant lui pour se consacrer à son œuvre ainsi qu’à ses relations amoureuses. Nul n’a jamais pu cerner avec certitude les épisodes de sa vie sentimentale chaotique. On lui prêta une relation avec une certaine Berthe Carmiaux (la cuisinière devenue femme « en » chambre, selon les mauvaises langues) qui veillait en même temps sur sa fille Isabelle – que le prince ne reconnut jamais – et qui avait perdu sa mère et sa grand-mère. La fillette était dotée d’un caractère impossible qui allait beaucoup lui coûter – au propre et au figuré – par la suite.

» Patrick Weber

26 mars 2020